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heu, wtf ?

C'est une excellente question qui touche au cœur du tabou juridique belge. Pour répondre directement : non, la Belgique n'est pas "illégale", mais elle vit dans une forme de schizophrénie juridique que les constitutionnalistes appellent la « paralégalité » ou le « constitutionnalisme de fait ».

Voici pourquoi la situation n'est pas techniquement anticonstitutionnelle, bien qu'elle viole l'esprit du texte de 1831 :

1. L'absence de juge pour le sanctionner Pour qu'un acte soit "anticonstitutionnel" au sens strict, il faut qu'un juge puisse l'annuler. Or, la Cour constitutionnelle contrôle la conformité des lois par rapport aux droits fondamentaux et à la répartition des compétences, mais elle ne contrôle pas la conscience du député au moment du vote.

  • L'article 42 interdit le mandat impératif juridique (un contrat signé où le député s'engage à démissionner s'il désobéit est nul et non avenu).
  • Mais il n'interdit pas la discipline volontaire. Si un député obéit au doigt et à l'œil à son président de parti par peur de ne pas être réélu, le droit considère que c'est son choix libre. Le droit protège le siège du député (il ne peut être viré du Parlement), mais ne protège pas sa place sur la future liste électorale.

2. La théorie de la "Paralégalité" Des constitutionnalistes comme Hugues Dumont expliquent que la particratie relève de règles « paralégales ». Ce sont des règles non écrites, décidées par les états-majors de parti (les accords de gouvernement, les clés de répartition des ministres), qui se superposent au texte de la Constitution sans le supprimer formellement.

  • Ces règles ont une sanction politique (l'exclusion du parti, la chute du gouvernement) mais pas de sanction juridique.
  • Le système belge fonctionne donc avec deux Constitutions : la Constitution de droit (le texte de 1831, inactif sur ce point) et la Constitution de fait (les statuts des partis et accords de gouvernement, très actifs).

3. Usage politique vs Coutume constitutionnelle En droit public, une pratique répétée peut devenir une loi (une coutume). Cependant, la particratie n'est pas considérée comme une coutume constitutionnelle (qui serait légale) mais comme un simple usage politique.

  • Pourquoi? Parce qu'il manque l'opinio juris (la conviction que c'est le droit). Les acteurs eux-mêmes (députés et partis) continuent d'affirmer publiquement que "le député est libre", tout en pratiquant l'inverse en coulisses. On maintient la fiction juridique pour préserver l'apparence de la conformité à l'article 42.

Conclusion : Un "mal nécessaire"? On ne peut donc pas dire que la Belgique est anticonstitutionnelle, car aucune cour ne peut condamner cette pratique. On dira plutôt que le régime belge a développé des anticorps (la particratie) pour survivre. Sans cette discipline rigide qui "viole" l'esprit de l'article 42, la complexité des coalitions belges (souvent 7 partis au gouvernement) rendrait le pays ingouvernable et instable.

C'est une normalité fonctionnelle qui a pris le pas sur la pureté juridique.

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